Le modèle : l'effet tortue

 

Mais nous avions toujours un modèle de 8500 m2 de surface au sol. Or, il nous fallait absolument arriver à un modèle de 3000 m2. Comment faire, quand on connaît la complexité de la géographie de la grotte Chauvet ?

 

Je me suis dit : imaginons une très grosse tortue, dont la carapace serait composée d'un nombre impressionnant d'écailles, toutes de taille imposante. Comment est-ce que je pourrais la réduire à une petite tortue, sans perdre le lien avec la grande tortue ? En d'autres termes : comment réduire sans réduire, puisqu'il n'était pas question de changer l'échelle des représentations, qu'elles soient pariétales, paléontologiques ou même géologiques ?

 

Eh bien, sélectionnons dans la grande tortue les zones - celles des représentations pariétales - qui nous intéressent. Faisons-en de "petites écailles", en imposant des limites plus petites à ces surfaces, tout en mesurant la surface minimale à conserver en regard du contexte géologique et du point de vue du visiteur. Faisons de même avec les grandes écailles qui contiennent de la paléontologie ou de la géologie remarquable (des concrétions de sol et de plafond, des nappes d'argile, des effondrements, etc.). Faisons de même avec des écailles proches des celles sélectionnées de prime abord. Et éliminons les autres écailles. Rassemblons le tout en une carapace de tortue. J'ai alors créé un modèle plus petit, en relation totale avec la grotte initiale. J'ai fait, de manière raisonnée, par un raisonnement que je peux transmettre à tout scientifique qui voudrait connaître les paramètres de cette transformation, ce qu'on appelle en mathématiques "une injection" (vous vous souvenez : injection + surjection - c'est à dire injection inverse -, égale bijection. C'est ce qui permet en mathématiques de comparer des ensembles d'éléments différents, ou non quantifiables. Ce qui est magnifique.).

 

C'est "l'effet tortue".

 

Pour mieux nous connaître :